Pourquoi certains enfants n’arrivent-ils pas à rester concentrés ?

Pourquoi certains enfants n’arrivent-ils pas à rester concentrés ?

« Il ne tient pas en place. »

« Il est toujours dans la lune. »

« Il commence une activité et passe immédiatement à autre chose. »

« Pourtant, lorsqu’il joue à ce qu’il aime, il peut rester concentré pendant des heures. »

Ces remarques sont fréquentes à l’école comme à la maison. Elles conduisent souvent les adultes à penser que l’enfant manque de volonté, d’efforts ou de motivation.

Pourtant, la concentration est une compétence complexe qui dépend de nombreux mécanismes cérébraux encore en développement chez l’enfant.

Avant de conclure qu’un enfant ne fait pas d’efforts, il est important de comprendre ce qui se joue réellement derrière ses difficultés attentionnelles.

 

La concentration n’est pas une capacité unique

On parle souvent de « concentration » comme s’il s’agissait d’une compétence unique.

En réalité, plusieurs fonctions cérébrales travaillent ensemble :

  • sélectionner les informations importantes ;
  • ignorer les distractions ;
  • maintenir son attention dans le temps ;
  • passer d’une tâche à une autre lorsque cela est nécessaire ;
  • résister aux impulsions ;
  • mémoriser les consignes ;
  • organiser ses actions.

Ces compétences font partie de ce que l’on appelle les fonctions exécutives.

Or ces fonctions continuent de se développer pendant toute l’enfance et l’adolescence.

 

Le cerveau de l’enfant est naturellement attiré par la nouveauté

D’un point de vue biologique, le cerveau est programmé pour repérer ce qui change dans son environnement.

Un bruit soudain.

Un mouvement.

Une lumière.

Une conversation.

Chaque nouveauté peut potentiellement représenter une information importante.

Le problème est qu’une salle de classe ou une maison moderne contient souvent une multitude de stimulations simultanées.

Certains enfants ont alors davantage de difficultés à filtrer ce qui est pertinent de ce qui ne l’est pas.

Ils ne sont pas forcément moins intelligents.

Leur cerveau capte simplement davantage d’informations à la fois.

 

Les émotions occupent une partie du cerveau

Un enfant inquiet, triste, en colère ou préoccupé mobilise une partie importante de ses ressources mentales pour gérer ce qu’il ressent.

Il peut alors sembler inattentif alors que son cerveau travaille déjà intensément à réguler ses émotions.

Les neurosciences montrent que le stress chronique perturbe notamment :

  • l’attention ;
  • la mémoire de travail ;
  • la planification ;
  • la prise de décision.

Autrement dit, il est difficile d’apprendre lorsque l’on se sent en insécurité.

Avant de chercher à améliorer la concentration, il est souvent nécessaire de s’intéresser au climat émotionnel dans lequel évolue l’enfant.

 

Le rôle du sommeil

Le sommeil joue un rôle fondamental dans le fonctionnement du cerveau.

Pendant la nuit, les informations apprises sont consolidées et les ressources attentionnelles se rechargent.

Un manque de sommeil peut entraîner :

  • une fatigue importante ;
  • une agitation accrue ;
  • une baisse de vigilance ;
  • une irritabilité ;
  • des difficultés de mémorisation.

De nombreux enfants que l’on pense inattentifs sont parfois simplement épuisés.

Bouger pour mieux se concentrer

Contrairement à certaines idées reçues, le mouvement n’est pas l’ennemi de l’attention.

Le cerveau de l’enfant a besoin d’activité physique pour se développer harmonieusement.

Bouger favorise :

  • l’oxygénation du cerveau ;
  • la régulation émotionnelle ;
  • les capacités d’attention ;
  • les apprentissages.

Certains enfants ont besoin de se lever, manipuler ou bouger davantage que d’autres pour rester disponibles aux apprentissages.

Leur demander de rester immobiles pendant de longues périodes peut parfois produire l’effet inverse de celui recherché.

 

Les écrans et la surstimulation

Les contenus numériques actuels sollicitent fortement les mécanismes attentionnels :

  • images rapides ;
  • changements constants ;
  • récompenses immédiates ;
  • stimulations visuelles et sonores permanentes.

Le cerveau s’habitue alors à recevoir de nombreuses nouveautés en très peu de temps.

Les activités plus lentes, comme lire, écouter ou attendre, peuvent devenir plus difficiles à soutenir.

Cela ne signifie pas que les écrans sont systématiquement nocifs, mais qu’ils doivent trouver leur juste place dans l’équilibre quotidien de l’enfant.

 

Quand les fonctions exécutives sont encore fragiles

Certains enfants rencontrent des difficultés plus spécifiques dans le développement de leurs fonctions exécutives.

Ils peuvent avoir du mal à :

  • suivre plusieurs consignes ;
  • terminer une tâche ;
  • s’organiser ;
  • planifier ;
  • inhiber certaines impulsions ;
  • gérer leur temps.

Ces difficultés ne sont pas toujours visibles au premier regard et sont parfois interprétées à tort comme de la paresse ou un manque de bonne volonté.

En réalité, l’enfant fait souvent déjà beaucoup d’efforts pour répondre aux attentes des adultes.

 

Comment aider un enfant à mieux se concentrer ?

Il n’existe pas de solution miracle.

En revanche, plusieurs stratégies peuvent être efficaces :

  • proposer des consignes courtes ;
  • fractionner les tâches ;
  • limiter les distractions inutiles ;
  • instaurer des routines prévisibles ;
  • favoriser le sommeil ;
  • permettre des temps de mouvement ;
  • valoriser les progrès ;
  • travailler les fonctions exécutives de manière ludique.

L’objectif n’est pas de demander à l’enfant d’être attentif en permanence, mais de développer progressivement ses capacités d’autorégulation.

 

En conclusion

Lorsqu’un enfant peine à rester concentré, la question n’est pas seulement :

« Pourquoi ne fait-il pas attention ? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce qui mobilise actuellement ses ressources mentales ? »

Fatigue, émotions, stress, besoin de mouvement, immaturité des fonctions exécutives ou environnement trop stimulant peuvent tous influencer sa capacité d’attention.

Comprendre ces mécanismes permet de porter un regard plus juste sur l’enfant.

Car derrière ce qui ressemble parfois à un manque de concentration se cache souvent un cerveau en développement qui fait de son mieux pour apprendre à gérer un monde particulièrement riche en sollicitations.

 

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