« Tous les soirs, c’est la même bataille. »
« Il trouve toujours une excuse pour ne pas s’y mettre. »
« Il traîne, proteste ou s’énerve dès qu’on parle des devoirs. »
Pour de nombreux parents, le moment des devoirs est devenu une source de tension quotidienne. Face à ces résistances répétées, il est tentant de penser que l’enfant manque de motivation, de volonté ou qu’il refuse simplement de faire les efforts nécessaires.
Pourtant, la réalité est souvent plus complexe: Lorsqu’un enfant refuse systématiquement de faire ses devoirs, il ne cherche généralement pas à provoquer ses parents. Son comportement est souvent le symptôme d’une difficulté plus profonde qu’il ne parvient pas toujours à exprimer.
Avant de chercher à renforcer l’autorité ou à augmenter les sanctions, il est utile de comprendre ce qui se joue réellement derrière ce refus.
Une journée déjà très exigeante
Les adultes oublient parfois qu’une journée d’école représente un effort considérable pour un enfant.
Pendant plusieurs heures, il doit :
• rester attentif ;
• respecter des règles ;
• gérer ses émotions ;
• suivre des consignes ;
• interagir avec les autres ;
• mobiliser ses capacités intellectuelles.
Lorsque l’enfant rentre à la maison, ses ressources mentales sont parfois déjà fortement sollicitées. L’idée de devoir continuer à travailler peut alors être vécue comme une charge supplémentaire difficile à supporter. Ce n’est pas forcément de la paresse. C’est parfois simplement de la fatigue.
Le besoin de décompression
Après une journée riche en sollicitations, de nombreux enfants ont besoin d’un temps de transition, certains ont besoin de jouer. D’autres ont besoin de bouger. D’autres encore ont besoin de se retrouver seuls quelques instants.
Lorsque les devoirs sont imposés immédiatement après l’école, l’enfant peut ressentir une forme de saturation. Son cerveau n’a pas encore eu le temps de récupérer.
Un temps de pause adapté peut souvent améliorer considérablement la disponibilité aux apprentissages.
En conclusion
Lorsqu’un enfant refuse systématiquement de faire ses devoirs, la question n’est pas seulement : « Pourquoi ne veut-il pas travailler ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce qui rend ce moment si difficile pour lui ? »
Fatigue, anxiété, manque de confiance, difficultés d’apprentissage, fonctions exécutives fragiles ou besoin de décompression peuvent tous contribuer à ce refus.
Comprendre ce qui se cache derrière le comportement permet d’apporter des réponses plus adaptées car dans la plupart des cas, l’enfant ne cherche pas à compliquer la vie des adultes. Il essaie simplement, avec les moyens dont il dispose, de faire face à une situation qui lui demande davantage de ressources qu’il n’en possède encore.
